MAEP : Le Conseil National d’Orientation et de Suivi du PSRSA mis en place

Le Plan Stratégique de Relance du SMAEP.ecteur Agricole (PSRSA) a été mis en œuvre à partir de 2011 et s’est fixé comme horizon l’année 2015. Sa vision était de : « Faire du Bénin à l’horizon 2015, une puissance agricole dynamique, compétitive, respectueuse de l’environnement, créatrice de richesse répondant aux besoins de développement économique et social de la population ».  De ce fait, l’année 2015 se situe comme l’année de référence au cours de laquelle une évaluation du PSRSA s’impose afin d’identifier les nouvelles directives à prendre pour un meilleur développement du secteur agricole.

Le Conseil National d’Orientation et de Suivi (CNOS) du PSRSA est l’organe d’orientation et de régulation de la politique nationale du développement du secteur agricole. C’est pourquoi je suis tenté de penser que la mise en place la semaine passée du CNOS est venue en retard si tant est qu’il est prévu dans le Cadre Institutionnel de Mise en œuvre du PSRSA élaboré depuis 2011. Cependant, je me réjouis que ce soit désormais une réalité et j’espère que les membres de ce conseil vont s’entourer des cadres compétents pour une évaluation effective du PSRSA afin de faire des propositions concrètes pour le développement du secteur agricole.

 

Quelles sont les attributions du CNOS ?

Le CNOS est chargé de :

– approuver la politique nationale de développement du secteur agricole ;

– suivre et évaluer la mise en œuvre de la politique nationale de développement du secteur agricole et proposer des mesures correctives pour une meilleure gestion du secteur ;

– s’assurer de la mise en œuvre efficace et efficiente de la politique nationale de développement du secteur en relation avec les structures opérationnelles compétentes, en veillant entre autres à :

  • la fourniture à temps par les opérateurs économiques d’intrants agricoles spécifiques à chaque filière dans le cadre d’un partenariat public- privé,
  • l’élaboration des stratégies encourageant la fabrication locale d’outils de production et de transformation des produits agricoles ;
  • l’analyse de projets, la recherche de financement aux côtés des ministères sectoriels ;
  • la mise en œuvre de synergie entre différents programmes et différents acteurs en vue de tirer meilleur parti des actions en cours ;
  • la recherche et la mise en place d’un mécanisme pour la sécurisation foncière, la sauvegarde de l’environnement et du potentiel productif.

– Assurer l’arbitrage et régler les conflits entre les différentes familles d’acteurs.

 

Quelle est la composition du CNOS ?

Le CNOS est placé sous la présidence du Président de la République ou son représentant. Il est doté d’un Secrétariat Technique Permanent qui sera mis en place à cet effet.

Le Conseil National d’Orientation et de Suivi (CNOS) est composé de vingt-cinq (25) membres, comme suit :

– le Président de la République ou son représentant ;

– le Ministre chargé de l’Agriculture ;

– le Ministre chargé de l’Economie et des Finances ou son représentant ;

– le Ministre chargé de l’Environnement ou son représentant ;

– le Ministre chargé du Commerce ou son représentant ;

– le Ministre chargé de l’Industrie ou son représentant ;

– le Ministre chargé du Développement ou son représentant ;

– le Ministre chargé de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique ou son représentant ;

– le Ministre chargé des Travaux Publics et des Transports ou son représentant ;

– Le Ministre chargé de la Décentralisation ou son représentant ;

– deux (02) représentants du ministère chargé de l’Agriculture ;

– le Président de l’Association Nationale des Communes du Bénin (ANCB) ou son représentant ;

– le Représentant de la Chambre Nationale d’Agriculture du Bénin ;

– trois (03) Représentants de la Chambre du Commerce et d’Industrie du Bénin (le Président et un représentant par composante : Commerce, Industrie et Services) ;

– le Représentant du Conseil National du Patronat du Bénin ;

– le Représentant de l’Union des Chambres Interdépartementales de Métiers (UCIMB) ;

– le Représentant de l’Association des Professionnels des Banques et Etablissements Financiers (APBEF);

– trois (03) représentants de la Plateforme des OPA (le président et un représentant par sous-secteur : Agriculture, Elevage, Pêche) ;

– deux (02) représentants de la société civile (dont un représentant du réseau des ONG spécialisées dans le secteur agricole et l’autre spécialisée dans la surveillance des politiques agricoles : Plate-Forme des Acteurs de la Société Civile au Bénin «PASCIB »)

 

Le Bureau du Conseil National d’Orientation et de Suivi est composé comme suit :

Président : Le Président de la République ou son représentant ;

1er Vice Président : le Ministre en charge de l’Agriculture ou son représentant

2ème Vice Président : le Président de la PNOPPA ;

1er Rapporteur : le Ministre en charge de l’Economie et des Finances ou son représentant ;

2ème Rapporteur : le Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin.

 

Secrétariat technique Permanent du CNOS

Le Secrétariat technique Permanent du CNOS est doté d’une autonomie de gestion et placé sous la tutelle administrative du MAEP. Il est chargé de :

– Analyser les implications techniques des orientations du CNOS ;

– Veiller à la mise en œuvre et au suivi des recommandations et décisions du CNOS

– Eclairer le CNOS sur des questions spécifiques pour les prises de décisions

– Préparer les sessions du CNOS.

 

Le Secrétariat technique Permanent est une structure légère composée de trois (03) à cinq (05) experts avec un personnel d’appui. Il est doté de moyens nécessaires pour assurer son bon fonctionnement.

Le Responsable du Secrétariat Technique Permanent doit être un cadre ayant une compétence avérée en management du secteur agricole. Il est assisté des experts spécialisés dans les domaines des politiques agricoles, spécialiste en agro-industrie et un spécialiste en développement organisationnel et institutionnel. Le secrétariat technique peut, en cas de besoin, faire recours à des expertises extérieures.

 

Le CNOS dispose d’un démembrement départemental à savoir le Conseil Départemental de Suivi (CDS).

Quelles sont les attributions du CDS ?

Le Conseil Départemental de Suivi (CDS) est chargé de suivre l’exécution au niveau régional des actions définies dans le cadre de la politique nationale de développement du secteur agricole en tenant compte des réalités socioéconomiques départementales. Il contribue également à l’alimentation du dialogue politique sectoriel au niveau national sur la base des expériences pratiques des acteurs de promotion agricole aux niveaux départemental et local.

Le CDS est présidé par le Préfet du département. Son secrétariat technique est assuré par la Direction Générale du CeRPA à travers son service compétent en charge de la planification et/ou du suivi-évaluation. Il représente le point focal du secrétariat technique du CNOS au niveau régional.

Le Conseil Départemental et de Suivi (CDS) est composé de dix-huit (18) membres représentant tous les acteurs au niveau régional, comme suit :

– le Préfet du département ou son représentant ;

– le Directeur Général du Centre Régional pour la Promotion Agricole ;

– le Directeur Départemental en charge de l’Economie et des Finances ;

– le Directeur Départemental de l’Environnement ;

– le Directeur Départemental en charge du Commerce ou de l’Industrie ;

– le Directeur Départemental en charge du Développement ;

– le Directeur Régional des Travaux Publics et des Transports ;

– le Président de la Chambre Interdépartementale de l’Agriculture ;

– le Représentant de l’Association des Maires au niveau du département ;

– le Représentant au niveau régional du Conseil National du Patronat du Bénin ;

– un (01) Représentants au niveau départemental de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin;

– le Représentant de la Chambre Interdépartementale des Métiers ;

– trois représentants au niveau départemental de la PNOPPA (un par sous secteur : Agriculture, Elevage, Pêche) ;

– le Représentant au niveau départemental de l’Association des Professionnels des Banques et Etablissements Financiers (APBEF);

– un (01) représentant de la société civile spécialisée dans la surveillance des politiques agricoles : Plate Forme des Acteurs de la Société Civile au Bénin « PASCIB » ;

– le Représentant de la Coordination régionale des ONG opérant dans la promotion des filières agricoles ;

– un (01) représentant de l’Agence Béninoise de Sécurité Sanitaire des Aliments (ABSSA).

 

Le Bureau du Conseil Départemental de Suivi (CDS) de la mise en œuvre de la politique de développement du secteur agricole se compose comme suit :

Président : le Préfet du département ou son représentant ;

1er Vice Président : le Représentant de la PNOPPA au niveau du département ;

2ème Vice Président : le Représentant des organisations des commerçants ou des transformateurs mandaté par la CCIB ;

1er Rapporteur : le DG CeRPA ;

2ème Rapporteur : le Représentant des ONG opérant dans le secteur agricole

 

Et enfin un démembrement communal : le Conseil Communal de Suivi (CCS)

Quelles sont les attributions du CCS ?

Le Conseil Communal de Suivi (CCS) est chargé du suivi au niveau communal des actions définies dans le cadre de la politique nationale de développement du secteur agricole en tenant compte des réalités socioéconomiques de la Commune. Il contribue également à l’alimentation du dialogue politique sectoriel au niveau régional sur la base des expériences pratiques des acteurs de promotion agricole au niveau local.

Le CCS est présidé par le Maire et repose sur un secrétariat technique assuré par le Responsable Communal de Promotion Agricole (RCPA).

Le RCPA représente le point focal du secrétariat technique du CDS au niveau communal.

Le Conseil Communal d’Orientation et de Suivi (CCOS) de la mise en œuvre de la politique nationale du développement du secteur agricole est composé de dix sept (17) membres, représentants de tous les acteurs au niveau communal, comme suit :

– le Maire ;

– le Responsable du Centre Communal de Promotion Agricole (RCPA) ;

– le Receveur Percepteur ;

– le Président de l’Association de Développement de la commune;

– le Représentant de la CCIB au niveau de la commune ;

– le Représentant du réseau des ONG spécialisées dans le secteur agricole opérant dans la Commune;

– le Représentant des organisations de commerçants de produits agricoles ;

– le Représentant des organisations de transformateurs de produits agricoles ;

– le Représentant de la Chambre Interdépartementale de Métiers ;

– quatre (04) Représentants de la PNOPPA ;

– le Représentant des Services Financiers ;

– un (01) représentant de la société civile spécialisée dans la surveillance des politiques agricoles : Plate Forme des Acteurs de la Société Civile au Bénin «PASCIB » ;

– un représentant de l’Agence Béninoise de Sécurité Sanitaire des Aliments (ABSSA) ;

– le représentant de la Chambre Interdépartementale de l’Agriculture.

Le Bureau du Conseil Communal de Suivi (CCS) de la mise en œuvre de la politique du secteur agricole se compose comme suit :

Président : Le Maire ;

1er Vice Président : Un Représentant de la PNOPPA

2ème Vice Président : Le représentant des organisations des commerçants ou des transformateurs;

1er Rapporteur : Le RCPA ;

2ème Rapporteur : Le Représentant du réseau des ONG opérant dans la Commune.

La mise en place en plus du conseil national, des conseils départemental et communal va régler définitivement à mon sens la question de la coordination des acteurs du secteur agricole. Ledit conseil va se substituer en réalité respectivement au cadre de concertation au niveau national régional et communal des acteurs du secteur agricole. La mise en place de ce conseil et la mise à disposition des moyens humains matériels et financiers pour son fonctionnement est d’une grande importance pour la coordination du secteur agricole.

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Quelles étaient les contraintes du secteur agricole il avait de cela 5 ans ? (12)

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ASPECTS LIES AU GENRE

Selon les données du RGPH3 (INSAE, 2002), la proportion des femmes actives dans les emplois agricoles tourne autour de 35,9%. A cette proportion vraisemblablement liée aux femmes actives agricoles ou chefs d’exploitations agricoles, il faudrait ajouter la grande masse des femmes intervenant dans les activités typiquement féminines de post-récolte telles que : la transformation et la commercialisation des produits agricoles.

Les activités qui absorbent la plus grande proportion des groupes vulnérables que sont les femmes et les jeunes, sont de plus en plus au cœur des approches de mise en œuvre des actions dans le secteur et font même l’objet d’une démarche d’institutionnalisation. Beaucoup reste cependant à faire pour surmonter les contraintes socioculturelles qui persistent, afin de permettre à cette catégorie d’acteurs de bénéficier de toute l’attention requise et de jouer correctement sa partition dans les programmes de développement du secteur agricole.

Cinq années après la validation du PSRSA, ces contraintes se sont-elles amenuisées ?

Quelles étaient les contraintes du secteur agricole il avait de cela 5 ans ? (11)

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MESURES FISCALES

Des dispositions existent en matière de mesures fiscales favorables à l’importation de matériels et équipements agricoles. Cependant ces mesures fiscales sont méconnues de la plupart des acteurs concernés ou sont mal interprétées par les agents chargés de leur mise en application. Cet état de chose n’encourage pas les exploitants agricoles à investir dans l’utilisation de ces équipements.

Cinq années après la validation du PSRSA, la situation s’est-elle améliorée ?

Quelles étaient les contraintes du secteur agricole il avait de cela 5 ans ? (10)

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FINANCEMENT DU MONDE RURAL

Les besoins sont énormes et l’offre actuelle, essentiellement basée sur la micro-finance avec des crédits à 80% concentrés sur le court terme, reste insignifiante. A titre d’exemple, en 2007, il est noté que seulement 18,3% de petits exploitants et 2% des éleveurs ont eu accès au crédit.

Les besoins d’investissements productifs en agriculture qui nécessitent des crédits à moyen et long termes sont quasi insatisfaits (crédit d’équipements, financement des infrastructures agricoles, etc.).

La grande masse de petits producteurs gestionnaires d’exploitations de type familial, sont ainsi exclus du financement. En dehors de la filière coton où le recouvrement est plus ou moins assuré, les banques sont réticentes à financer les filières agricoles, car jugées à risques élevés. Les risques climatiques, les catastrophes naturelles et l’inexistence de dispositions en matière d’assurance agricole, compliquent davantage l’accès des producteurs à la micro finance.

Selon le Document de Politique Nationale de Développement de la Micro finance 2007-2015, les montants moyens de crédit par emprunteur s’évaluent à 633.000 FCFA pour les petits exploitants et 19 millions de FCFA pour les micro, petites et moyennes entreprises agricoles.

Par ailleurs les prévisions de dépenses d’investissements publics au profit du secteur agricole sont passées de 21,009 milliards de FCFA en 2003 à 24,725 milliards en 2007. Quant aux dépenses effectives d’investissements publics, elles sont passées de 19,103 milliards de FCFA en 2003 à 13, 772 milliards de FCFA en 2007. Les taux d’exécution financière ont évolué de 90,54% à 55,70% sur la période 2003-2007 avec un taux d’exécution moyen de 44,68%.

Ainsi, non seulement les subventions octroyées à travers le Budget National sont nettement inférieures aux normes recommandées dans la sous région (10%), mais elles sont difficiles à mobiliser à temps requis, du fait de l’inadaptation des procédures actuelles de décaissement par rapport aux spécificités du secteur agricole et de la faible capacité des structures de gestion des projets.

Cinq années après la validation du PSRSA, ces contraintes se sont-elles amenuisées ?

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AMENAGEMENTS HYDRO AGRICOLES

Ils ont été réalisés dans diverses localités du pays et ont souvent nécessité d’importantes ressources dont les difficultés de mobilisation expliquent le nombre limité de ces infrastructures. Les dispositions de mise en valeur des périmètres aménagés, telles que la mécanisation des opérations culturales, les équipements divers, les intrants spécifiques, la main d’œuvre qualifiée et l’organisation des acteurs, étant souvent laissées au soin des producteurs sans moyens requis, il se pose le problème de la valorisation optimale de ces aménagements.

Des contraintes d’ordre sociologique (notamment sur les questions foncières), technique, de gestion et de commercialisation, restent prépondérantes.

Par ailleurs, les dispositifs institutionnels actuels de préparation et de mise en œuvre des projets d’aménagement, ainsi que le contrôle des travaux y afférents, sont handicapés par des lourdeurs administratives et de procédures inadaptées de passation de marchés. Aussi les excès pluviométriques et les fortes crues des cours d’eau qui causent d’importants dégâts chaque année sous le regard impuissant des producteurs et des autorités politico administratives locales et nationales méritent-ils un mécanisme   de surveillance continue en vue d’une gestion proactive de leurs impacts.

Cinq années après la validation du PSRSA, ces contraintes se sont-elles amenuisées ?

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COMMERCIALISATION DES PRODUITS AGRICOLES

Les transactions commerciales d’une manière générale, celles liées aux produits agricoles et dérivés en particulier, subissent très souvent les conséquences des situations conjoncturelles régionales ou internationales. Le Bénin joue depuis longtemps un rôle stratégique dans les échanges entre les pays côtiers et ses voisins de l’hinterland. La proximité de l’important marché que représentent ces pays (notamment le Nigeria, le Burkina Faso et le Niger) ainsi que l’appartenance du Bénin aux espaces UEMOA et CEDEAO, constituent un atout pour l’écoulement des produits agricoles disposant d’avantages comparatifs, au regard de la faible taille du marché national. Mais les circuits de commercialisation des produits agricoles sont pour l’essentiel encore peu structurés et restent dominés par l’informel, avec une intégration insuffisante au marché sous régional. La plupart des acteurs à différents niveaux, notamment les femmes, ne jouissent pas d’une surface financière suffisante ni de mesures d’accompagnement adéquates pour assurer une amélioration des transactions commerciales sur lesdits produits. Certaines initiatives récentes d’associations par filière (céréales, bétail et viande, fruits et légumes, pêches et post-capture, élevages non conventionnels… etc.) ou de regroupement en réseau (Réseau des opérateurs économiques du secteur agroalimentaire) augurent de nouvelles perspectives à prendre en considération. Par ailleurs, l’état défectueux des routes et pistes, l’enclavement des zones de production et les tracasseries administratives sont autant d’handicaps à lever.

Il est nécessaire de soutenir et de renforcer les dynamiques en cours en donnant à la commercialisation des produits agricoles un caractère plus structuré visant un élargissement des débouchés pour l’écoulement et des échanges équitables à travers le développement d’un système d’information sur les marchés. Cela appelle entre autres, une réorganisation progressive des circuits actuels dans le sens d’une transparence des transactions, avec pour éléments-clé une bonne connaissance des marchés, des flux et des prix des produits et un partenariat actif entre les acteurs d’une filière ou d’un groupe de filières.

Cinq années après la validation du PSRSA, ces contraintes se sont-elles amenuisées ?

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TRANSFORMATION DES PRODUITS AGRICOLES

Elle relève presque entièrement aujourd’hui de l’initiative privée et constitue un appoint important à la valorisation des produits comme le coton, le manioc, la canne à sucre, le riz et les fruits. Cette activité joue un rôle important pour la sécurité alimentaire en permettant non seulement de conserver les denrées alimentaires un peu plus longtemps, mais aussi de renforcer la disponibilité en divers sous-produits agro-industriels pour l’alimentation des animaux domestiques. La transformation artisanale est le domaine de prédilection des femmes qui opèrent sur une gamme très variée de produits et en tirent la majeure partie de leurs revenus. Les actions en cours pour le développement de nouvelles filières (manioc, maïs, anacarde, ananas) et l’émergence subséquente d’une nouvelle génération de transformateurs (trices) orienté(e)s de plus en plus vers la labellisation, sont encourageantes et porteuses d’espoir pour le développement agro-industriel nécessaire à la valorisation des produits agricoles. Toutefois la plupart des acteurs restent encore confrontés :

  • au caractère rudimentaire des procédés, des matériels et des équipements de transformation,
  • aux difficultés d’accès à l’énergie et à l’eau,
  • aux difficultés de maintien des conditions d’hygiène et d’assainissement et de gestion efficiente des déchets issus des activités agricoles,
  • au faible niveau de formation et à la difficulté d’accès au financement,.
  • à l’absence de formalisation de contrat de production devant garantir la régularité de l’approvisionnement des usines en matières premières.

Le renforcement des capacités et l’amélioration des procédés à travers les innovations technologiques et des équipements de transformation modernes respectant les normes environnementales, sont aujourd’hui une nécessité. De plus, un vide reste à combler en matière de normes de production et donc d’amélioration de la qualité, ce qui appelle une politique de normalisation, avec à l’appui l’information et la formation à travers les médias de masse et les organes d’information du monde rural.

Au total, les activités de post-production ou de post-capture (stockage, conservation, transformation, manufacture et commercialisation), connaissent un certain regain, mais les équipements modernes de stockage et de transformation font défaut, ce qui occasionne d’importantes pertes post récolte. La plupart des anciennes industries agroalimentaires publiques, handicapées par les problèmes financiers, d’approvisionnement et/ou de gestion, ont dû être liquidées, privatisées ou sont en voie de l’être. Par ailleurs, bien que le taux de desserte rurale soit passé de 35% en 2004 à 51% (Direction du Génie Rural/ MAEP) en 2007, de nombreuses zones agricoles restent encore enclavées, ce qui occasionne d’importantes pertes post récolte et contribue à la faible compétitivité des produits agricoles.

Cinq années après la validation du PSRSA, ces contraintes se sont-elles amenuisées ?

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INFRASTRUCTURES ET EQUIPEMENTS DE BASE

En dépit des investissements consentis par les pouvoirs publics, les besoins des producteurs en infrastructures et équipements de base, notamment pour la mécanisation agricole, la maîtrise de l’eau, la conservation et la transformation des produits ne sont pas couverts. Comme le montre le tableau ci-après, les opérations de labour se font manuellement à 76% et avec la culture attelée à 23%. Seulement 1% des superficies emblavées (toutes spéculations confondues sur le plan national), est en culture motorisée.

Au niveau du transport rural, plus de 50% des produits agricoles sont transportés soit à pied, soit à bicyclette, soit à motocyclette, soit en pirogue. La transformation des produits à l’instar des cas précédents et à l’exception du coton, se réalise manuellement pour l’essentiel et n’est motorisée qu’à 10%.

D’une façon générale, le petit outillage traditionnel reste prépondérant, avec pour corollaire la grande pénibilité des travaux, les pertes matérielles de temps et d’énergie, et le manque de compétitivité de l’agriculture. Il s’en suit un exode rural de plus en plus prononcé chez les jeunes, ce qui a pour conséquence  le vieillissement progressif des actifs agricoles et l’amenuisement de la disponibilité en main d’œuvre agricole dont le coût devient prohibitif. Toutefois, l’impact réel de ce phénomène sur le secteur reste à mieux cerner.

Cinq années après la validation du PSRSA, ces contraintes se sont-elles amenuisées ?

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RESSOURCES FORESTIERES

Les ressources forestières occupent 65% du territoire du Bénin (environ 73.450 km2). Elles subissent depuis plusieurs décennies une forte dégradation sous l’effet conjugué de l’extension anarchique des espaces agricoles et pastorales, des pratiques non favorables à la gestion durable des ressources naturelles, des feux de brousse et incendies de plantations et de l’appauvrissement des sols. L’exploitation incontrôlée des ressources forestières aux fins de couverture des besoins des populations en bois d’œuvre et d’énergie domestique, est l’un des facteurs majeurs contribuant à cette dégradation et constitue une menace sérieuse pour la préservation des forêts classées. Selon une étude réalisée par le FAO en 2006, le taux de déforestation au Bénin serait estimé à 70.000 ha par an. Les actions de protection et de gestion des ressources forestières qui se développent ne sont pas encore à la mesure des ponctions enregistrées pour satisfaire les besoins en bois de chauffe, en bois d’œuvre et d’installation des cultures.

Le Gouvernement est conscient de la nécessité de donner au patrimoine forestier une fonction de production à travers l’utilisation d’une partie à des fins agricoles, cynégétiques, pastorales, fourniture de bois d’œuvre et d’énergie domestique, etc., tout en se servant de ces fonctions productives pour préserver ce patrimoine contre les abus d’utilisation, grâce à l’adhésion des populations à la gestion durable des ressources forestières. Aussi, la nécessité est-elle de plus en plus perçue de renforcer les puits d’absorption des gaz à effet de serre pour l’atténuation du réchauffement climatique. Les programmes en cours portant sur la gestion participative des forêts, la réhabilitation des forêts dégradées, la promotion du reboisement et de l’agroforesterie aussi bien à l’échelle individuelle que communautaire, visent à contribuer à la gestion durable des ressources forestières et à l’amélioration des revenus et des conditions de vie des populations riveraines.

Plus particulièrement, il est attendu que la mise en œuvre d’un plan de gestion intégrée de la fertilité des sols au niveau des villages riverains des aires protégées, permette d’atteindre des gains de productivité de 20 à 30% sur les cultures vivrières comme le maïs, le manioc et le riz, ce qui pourrait générer une augmentation des revenus de 25 à 33%. Par ailleurs, au nombre des actions perçues comme indispensables dans le pays figurent :

  • l’actualisation des cartes d’utilisation des terres dans l’optique d’un plan global d’aménagement de l’espace rural,
  • l’actualisation et la mise en œuvre d’un programme d’actions national aux fins de l’adaptation aux changements climatiques,
  • la promotion d’intrants biologiques et
  • la prise en compte de mesures relatives à la gestion durable de l’environnement dans les opérations de mécanisation agricole.

Cinq années après la validation du PSRSA, ces contraintes se sont-elles amenuisées ?

Quelles étaient les contraintes du secteur agricole il avait de cela 5 ans ? (4)

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PRODUCTION HALIEUTIQUE

Elle occupe directement 50.000 pêcheurs et 20.000 mareyeurs (en majorité des femmes) et elle procure des emplois à environ 300.000 personnes. Au cours de la période 1998-2005, la production a stagné autour de 40.000 tonnes par an, du fait de la persistance de la pêche de cueillette par des communautés de pêche en pleine croissance démographique, de l’utilisation abusive de méthodes et engins de pêche inappropriés, de la dégradation de plus en plus prononcée des écosystèmes aquatiques. La stagnation des niveaux de capture n’est compensée que par les importations de poissons congelés qui sont passées de l’ordre de 20.000 tonnes en 2001 à 45000 tonnes en 2006.

Par ailleurs, l’exportation des crevettes jadis porteuse d’espoir, a baissé, passant d’une moyenne annuelle de 700 tonnes à environ 200 tonnes durant la même période, en raison de la non-conformité aux normes d’exportation. Le niveau actuel d’exportation est d’environ 200 tonnes par an.

Le Bénin a dû observer une auto-suspension des exportations de crevettes en juillet 2003, en vue de se donner le temps de créer toutes les conditions requises pour le respect des normes européennes en la matière.

Les actions en cours visent en général la rationalisation de la gestion des plans d’eau, l’encadrement et l’appui pour la gestion d’infrastructures piscicoles, la mise en place des bases obligatoires de contrôle et des plates-formes de transfert, la construction et l’équipement d’un laboratoire de contrôle, toutes choses qui devraient contribuer à la relance du sous secteur des pêche.

Au niveau de l’aquaculture et de la pisciculture, l’essor noté est dû aux initiatives de promoteurs privés et aux appuis des projets du MAEP ayant permis la mise en place des étangs ou des bassins piscicoles équipés de motopompes, des cages flottantes, etc. Mais ce mode de production piscicole reste encore très peu développé en raison des difficultés à la fois d’organisation, de maîtrise technique et de l’insuffisance des moyens financiers. De ce fait, les nombreux plans d’eau potentiellement exploitables pour l’aquaculture et la valorisation de la production halieutique sont encore peu valorisés.

Cinq années après la validation du PSRSA, ces contraintes se sont-elles amenuisées ?

Quelles étaient les contraintes du secteur agricole il avait de cela 5 ans ? (2)

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PRODUCTIONS VEGETALES :

  • Les cultures vivrières

Maïs, manioc, sorgho, mil, igname, niébé et arachide

Elles concernent le maïs, le manioc, le sorgho, le mil, l’igname, le niébé et l’arachide. Elles permettent de couvrir globalement les besoins alimentaires, mais restent encore largement en deçà des potentialités offertes par les conditions écologiques du pays, notamment à cause de la non disponibilité des intrants spécifiques, l’insuffisance de mesures relatives à la gestion des risques climatiques et catastrophes naturelles (inondations, sécheresse etc.), des outils de production et de transformation rudimentaires, ainsi que l’insuffisance des infrastructures de stockage et de conservation.

Selon les données statistiques de la Direction de la Programmation et de la Prospective (DPP) du Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (MAEP), le maïs vient au premier rang des cultures vivrières et connaît une évolution croissante de 523.000 tonnes en 1995-1996 à 931.590 tonnes en 2007-2008. Son utilisation multiple pour la fabrication des farines infantiles et des provendes nécessite d’en garantir un solde vivrier acceptable.

Les racines et tubercules

Ce sont notamment l’igname et le manioc, ont renoué avec une croissance régulière au cours de cette décennie, grâce à l’effet conjoint d’une amélioration du rendement et l’agrandissement des surfaces cultivées. Le niveau de la qualité des produits dérivés reste encore à améliorer sensiblement pour leur accès plus facile aux marchés.

Le riz

Le riz fait l’objet d’une demande en augmentation croissante et sa production au niveau national qui bien qu’étant passé de 16.545 tonnes en 1995 à 72.960 tonnes en 2007, laisse place à des importations massives (378.000 tonnes en 2005 et 350.000 tonnes en 2007) destinées à la consommation interne (60.000 tonnes environ) et aux réexportations. Les actions de promotion de la riziculture sont de plus en plus initiées à travers la réalisation des travaux d’aménagement de bas-fonds et de périmètres irrigués, la diffusion des variétés de riz NERICA. Elles méritent d’être intensifiées pour saisir les opportunités de marché liées à la flambée des prix des denrées de grande consommation et conforter les stocks de sécurité alimentaire.

  • Les cultures maraîchères  

Les cultures maraîchères sont pratiquées dans toutes les régions du Bénin, sur les plateaux, dans les plaines alluviales, dans les vallées et les bas-fonds. Elles sont constituées d’une part, des cultures traditionnelles de plein champ telles que la tomate, le piment, l’oignon, le gombo et d’autre part les légumes feuilles, les cultures exotiques pratiquées dans les zones urbaines et périurbaines (carotte, chou, laitue, concombre, poireau, haricot vert, etc.). Les cultures maraîchères jouent un rôle important dans l’alimentation des populations et contribuent à la prévention des maladies dues aux carences en micronutriments. Cependant le niveau actuel de production (293.707 tonnes en 2007-2008) pour la tomate, le piment, le gombo, l’oignon et les légumes feuilles n’arrive pas à couvrir les besoins qui de ce fait sont compensés par des importations.

De plus, certains légumes de grande consommation comme le gombo, le piment, la tomate et l’oignon connaissent une production saisonnière qui n’en garantit pas la disponibilité en toutes saisons avec pour conséquence une forte spéculation sur les prix. Au nombre des contraintes qui entravent la production des cultures maraîchères figurent l’insécurité foncière, la non maîtrise des ravageurs et des maladies, la faible maîtrise de l’eau, les difficultés de conservation et le faible niveau d’organisation des acteurs de la filière.

Cinq années après la validation du PSRSA, ces contraintes se sont-elles amenuisées ?

PSRSA, quelles étaient les contraintes du secteur agricole il avait de cela 5 ans ?

Les actions programmées dans le plan stratégique de relance du secteur agricole sont inspirées du diagnostic effectué en ce moment au niveau du secteur agricole. Revenons sur la situation initiale ayant conduit à l’élaboration du PSRSA.

PRODUCTIONS VEGETALES : Les cultures de rente

LE COTON

La principale culture de rente est le coton qui a atteint une production record de 427.000 tonnes durant la campagne 2004/2005, avant de retomber à 191.000 tonnes en 2005-2006. Les divers appuis du Gouvernement en faveur de la relance de la filière, ont permis d’amorcer une remontée de la production à 240 000 tonnes en 2006-2007 et 268 535 tonnes en 2007-2008 pour chuter à 242 475 tonnes en 2008-2009. Les niveaux actuels de production restent largement en-deçà de la capacité d’égrenage totale des usines installées sur le plan national estimée à 600 000 tonnes. L’avenir du coton reste très préoccupant au regard de nombreux dysfonctionnements qui minent sa compétitivité notamment :

  • une organisation institutionnelle inefficace, un cadre réglementaire ambigu et inopérant,
  • l’insuffisance d’organisation et de synergie des familles professionnelles ;
  • une très faible transformation industrielle des produits du coton,
  • un déséquilibre financier chronique des structures publiques qui obère le budget de l’Etat.

De plus ces dysfonctionnements sont exacerbés par la dégradation de l’environnement et les fluctuations des cours mondiaux, avec des incidences fâcheuses sur les revenus ruraux et sur l’économie du pays. Les nouvelles réformes engagées par le Gouvernement dans la filière coton tablent sur un partenariat public/privé fort, avec la cession de l’outil industriel de la SONAPRA, la création de la SODECO et la clarification des rôles de chaque intervenant.

L’ANANAS

Les cultures d’ananas et de noix de cajou avec respectivement environ 140.000 tonnes et plus de 40.000 tonnes au cours de la campagne agricole 2007-2008, connaissent une certaine émergence aux côtés du coton. Diverses actions ont été orientées vers l’appui à l’organisation et au renforcement des capacités des acteurs, notamment pour la recherche des sources d’approvisionnement des intrants spécifiques et l’organisation des marchés autogérés. Les tables-filières et structures faîtières mises en place n’ont pas encore atteint leur dynamisme optimal et efficient.

LE PALMIER A HUILE

Le palmier à huile est passé de 130.000 tonnes d’huile en 1994 à environ 310 000 tonnes en 2007. L’installation d’un grand nombre de pépiniéristes privés agréés et l’appui à l’extension des superficies de plantations privées de palmiers à huile améliorés ont contribué à cet essor. Toutefois, les niveaux de production actuels sont largement insuffisants pour satisfaire un marché national et régional très demandeur. Par ailleurs, les palmeraies sous gestion des Coopératives d’Aménagement Rural et de leurs Unions, connaissent de nombreux dysfonctionnements liés au problème de gouvernance.

Cinq années après la validation du PSRSA, ces contraintes se sont-elles amenuisées ?

Le plan stratégique de relance du secteur agricole (PSRSA) du Bénin: La vision

Il est d’une importance capitale de s’arrêter à un moment donné et de procéder à l’évaluation de ce qu’on fait. Je soumets à notre réflexion la vision du Plan Stratégique de Relance du Secteur Agricole (PSRSA) du Bénin. Elle est formulée de la façon suivante :

La problématique de développement du secteur agricole met en relief trois défis majeurs portant sur (i) la couverture des besoins alimentaires, (ii) l’accroissement des revenus, et (iii) l’amélioration de l’attractivité de l’activité agricole et du milieu rural. Ces trois défis confèrent au secteur agricole le double rôle d’accélération de la croissance économique et de la contribution à la réduction de la pauvreté, d’où la vision : « Faire du Bénin, une puissance agricole dynamique à l’horizon 2015, compétitive, attractive, respectueuse de l’environnement, créatrice de richesse répondant aux besoins de développement économique et social de la population » (PSRSA, 2010).

L’évaluation que je propose ici est une auto-évaluation de chaque acteur du monde rural du Bénin. Regardons-nous dans le miroir, et de façon individuelle faisons notre propre évaluation…