5 astuces pour réussir votre diagnostic d’exploitation: Cas pratique Nº1

Le spécialiste d’élevage est la plupart du temps sollicité pour résoudre un problème spécifique posé sur une ferme d’élevage. Pour ce cas ci, la situation de la ferme m’a été présentée en ces termes :  » J’ai enregistré un cas de mortalité de mes pondeuses avant hier, un autre hier et un troisième ce matin. Cela me fait trois pondeuses mortes dans cette semaine. S’il vous plaît, est ce que vous pouvez m’aider à savoir ce qui se passe sur ma ferme ? » 

En se référant aux directives décrites dans 5 astuces pour réussir votre diagnostic d’exploitation, je présente pas-à-pas comment chaque astuce a été appliquée dans ce cas pratique d’une ferme d’élevage de poules pondeuses à 6 mois de ponte et 11 mois d’âge.

1- Poser des questions

Il y a un certain nombre de questions qui retracent l’historique de la situation et qui sont importantes pour le spécialiste. Dans ce cas précis avant de rentrer dans le poulailler j’ai conduit une petite interview avec l’aviculteur pour collecter quelques données. Quelques questions simples ont été adressées : « Quel est l’effectif actuel ?, quel est le taux de ponte ? Quels traitements avez vous effectué ?, Avez-vous déjà vécu un cas pareil auparavant ?… « 

Les questions – réponses vous permettent de voir clair dans la situation et vous lancent sur des pistes de réflexion.

2- Observer intensément

Par l’observation, vous allez découvrir beaucoup de choses que l’éleveur ne vous dira peut-être pas. Dans ce cas pratique, la première chose que j’ai observée lorsque je suis rentré dans le poulailler, c’est l’état de la litière : une litière sale, ce qui s’explique par deux éléments ; un élément circonstancié (un produit de traitement qui fait consommer plus d’eau donc qui engendre plus de fientes liquides) et un élément de longue date (les abreuvoirs qui suintent). Ce qui démontre cet état de longue date c’est la couleur noire des briques sur lesquelles sont posés les abreuvoirs.

La deuxième chose observée est une faible circulation d’air dans le poulailler. L’aviculteur et moi avons réglé sur le champ le problème d’aération. En fait, il avait été disposé des sachets pour empêcher de mouiller la litière pendant la pluie. Nous avons donc enlevé ces sachets. De toute façon, observez beaucoup.

La troisième chose constatée c’est la présence des poux dans le poulailler. Ceux-ci passaient sur mes pieds… Une litière sale avec des abreuvoirs qui suintent, ce sont là de meilleures conditions pour le développement des poux.

Deux poules malades ont été isolées…

3- Noter les données clés

Un diagnostic en élevage ne se fait pas dans la précipitation. Il faut du temps et être assez posé.

La prise de notes est très importante. A travers mes questions, j’avais noté que deux semaines auparavant l’eau a été changée pour les pondeuses de même que pour la consommation en eau de l’aviculteur. L’effectif des pondeuses, l’âge, le taux de ponte etc., une fois notés, permettent au cerveau de se focaliser sur le cas et de lancer le mécanisme de recherche de la solution.

4- Faire participer l’éleveur au diagnostic

Il faut retenir qu’il peut y avoir plusieurs « éléments nouveaux » dans une même situation. J’avais noté donc dans la discussion qu’il y a eu changement d’eau de boisson (1), fermeture d’un côté du poulailler par des sachets plastiques (2), présence des poux (3), traitement préventif de la coccidiose datant de plus de deux mois (4).

Vous pouvez donc constater qu’un élément nouveau peut aussi être l’omission de ce qui devrait être fait, comme par exemple l’absence d’un plan prophylactique.

Notez bien que c’est de l’entretien avec l’aviculteur que bon nombre de ces éléments ont été ressortis. Démarrer une discussion intéressante avec l’aviculteur peut commencer par une question aussi simple comme celle ci : «Selon vous, quelle serait la cause du problème ?».

5- Faire l’autopsie le cas échéant

Dans ce cas pratique j’ai réalisé l’autopsie. En fait la poule qui était morte le matin avait été gardée pour l’autopsie.

Jusque avant de commencer à mouiller la carcasse de la poule, j’ai observé des lésions cutanées engendrées par les poux. Aussi de nombreux poux ont été découverts sous les plumes de la poule. Je suis donc reparti, bien sûr après m’être désinfecté, examiner entre les plumes des deux poules isolées puis à trois autres poules prises dans différents coins du poulailler. Je constate la présence effective des poux au niveau de toutes les poules examinées.

J’étais donc retourné à l’autopsie. Après avoir arrosé la carcasse, j’ai commencé à l’ouvrir par le cou derrière la langue. J’ai donc enlevé la peau le long du cou. Ensuite j’ai poursuivi l’incision sur les cavités thoracique et abdominales jusqu’au cloac. Après avoir détaché la peau du muscle, je constate une forte innervation du tissu conjonctif sous cutané et des lésions congestives observées sur le bréchet et les autres muscles. Au niveau du tractus digestif, des lésions hémorragiques ont été observées au niveau des deux caeca. La forte innervation du tissu conjonctif sous cutané traduit la réaction « normale » de l’organisme de la poule face à l’agression des poux. Quant aux lésions congestives, elles seraient la conséquence des dommages engendrés par les attaques des poux.bréchet avec tissu sous cutané

caecum.jpgJe m’arrête sur ces lésions qui m’ont orienté pour le diagnostic. La réalisation de l’autopsie m’a permis de clarifier la situation et de proposer une solution adaptée.

En somme, en prenant en compte les éléments nouveaux en particulier le traitement préventif de la coccidiose datant de plus de deux mois, la présence des poux, des lésions congestives sur le muscle etc, j’ai donc conseillé un traitement contre les poux et contre la coccidiose. La litière aussi n’a pas été épargnée ; des conseils sont proférés pour le renouvellement et son maintien dans un état sec.

Cinq jours après mon passage sur la ferme, voici à peu près le message que j’ai reçu de l’aviculteur «Bonjour Monsieur, les deux poules que j’avais isolées vont très bien. Elles ont été intégrées au poulailler et l’ambiance est très bonne. Merci pour vos conseils …».

Louis Agbokou.

(Credit photo: Louis Agbokou)

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Stage de formation en Israël : Production d’arbres fruitiers subtropicaux – Gestion, technologies et après-récolte

L’Agence Israélienne pour la Coopération Internationale au Développement (MASHAV) en collaboration avec l’Agence de Coopération Internationale Allemande pour le Développement (GIZ) organise au Centre International de Formation Agricole (MATC) un stage de formation sur la Production d’arbres fruitiers subtropicaux : gestion, technologies et après-récolte du 11 au 25 juin 2019 à Shefayim – Israël.

moshav-kochav-michel.jpgSujets principaux

Les sujets principaux du stage :

  • Le secteur fruitier en Israël ;
  • Gestion d’un verger et aspects économiques ;
  • Choix des variétés ;
  • L’irrigation et la fertilisation des arbres fruitiers;
  • L’après-récolte;
  • Recherche et développement
Conditions d’admission

Le stage s’adresse à divers profils : professionnels d’institutions gouvernementales et non gouvernementales ; ingénieurs agronomes ainsi qu’à des instructeurs et formateurs de centres de formation agricole et d’universités, engagés dans des projets et des programmes dans le domaine de l’arboriculture subtropicale.

Si vous êtes intéressé, veuillez consulter ci-joints la brochure détaillée et le formulaire de candidature.

Cliquez ici pour télécharger la brochure détaillée

Cliquez ici pour télécharger le formulaire de candidature

Une fois complété intégralement (formulaire médical inclus), celui-ci doit être envoyé à la mission israélienne la plus proche, jusqu’au 9 avril 2019.

Je vous remercie,

Louis Agbokou.

(Crédit photo : Louis Agbokou)

Stage de formation en Israël : Technologies des cultures maraîchères

L’Agence Israélienne pour la Coopération Internationale au Développement (MASHAV) en collaboration avec l’Agence de Coopération Internationale Allemande pour le Développement (GIZ) organise au Centre International de Formation Agricole (MATC) un stage de formation sur les Technologies des cultures maraîchères du 21 mai– 4 juin 2019, à Shefayim – Israël.

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Sujets principaux

Les principaux sujets à développer au cours du stage:

– Production maraîchère en Israël
– Technologies d’irrigation et fertilisation
– Choix des variétés
– La pépinière moderne
– Protection des végétaux en cultures maraîchères
– Les cultures en serres et en tunnels
– La vulgarisation

Conditions d’admission

Le stage s’adresse à divers profils : professionnels d’institutions gouvernementales et non gouvernementales ; ingénieurs agronomes ainsi qu’à des instructeurs et formateurs de centres de formation agricole et d’universités, engagés dans des projets et des programmes dans le domaine des cultures maraîchères.

Si vous êtes intéressé, veuillez consulter ci-joints la brochure détaillée et le formulaire de candidature.

Cliquez ici pour télécharger la brochure détaillée
Cliquez ici pour télécharger le formulaire de candidature

Une fois complété intégralement (formulaire médical inclus), le formulaire de candidature doit être envoyé à la mission israélienne la plus proche, jusqu’au 5 avril 2019.

Je vous remercie,
Louis Agbokou.

(crédit photo : Louis Agbokou)

5 astuces pour réussir votre diagnostic d’exploitation

Le spécialiste d’élevage est la plupart du temps sollicité pour résoudre un problème spécifique posé sur une ferme d’élevage. Dans votre démarche vers la recherche de la solution, il y a quelques astuces qui peuvent vous permettre d’atteindre plus facilement votre objectif. Celles-ci peuvent faire de vous des experts en suivi des fermes d’élevage.

Pondeuses dans le poulailler

1- Observez intensément

C’est juste un secret. Par l’observation, vous allez découvrir beaucoup de choses que l’éleveur ne vous dira pas. Certains vont vous le cacher volontairement peut-être pour vous tester… D’autres ne savent pas que cela est important pour le diagnostic, simplement parce qu’ils ne sont pas des spécialistes de la matière. De toute façon, observez beaucoup.

2- Posez des questions

Il y a un certain nombre de questions qui retracent l’historique de la situation et qui sont importantes pour le spécialiste.
Les questions – réponses vous permettent de « voir clair » dans la situation et vous lancent sur des pistes de réflexion.

3- Notez les données clés

Un diagnostic ne se fait pas dans la précipitation. Il faut du temps et être assez posé.
La prise de notes est très importante. Au cas où vous avez réalisé l’autopsie, prenez note des lésions et accompagner les prélèvements des symptômes enregistrés.
Une fois au retour de la ferme, vos prises de note vous permettront de rassembler les données et de les confronter pour la recherche de la solution.

4- Faites participer l’éleveur au diagnostic

Par expérience, j’ai découvert que 90% des responsables de fermes d’élevage (ceux qui se sont entièrement consacrés à leur ferme) savent la cause des problèmes qui adviennent sur leur exploitation.
Ils peuvent ne pas en être sûrs mais ils soupçonnent « cet élément nouveau  » qui est à la base des mortalités par exemple. Et très souvent, une fois en face du spécialiste, ils accordent peu d’intérêt à leurs constats et espèrent tout du spécialiste. Mais il y a une façon simple de les amener à révéler toutes ces observations. Il suffit juste de le leur demander gentiment et de façon décontractée. Vous pouvez lancer une discussion qui ne cadre pas avec la situation et la ramener progressivement au cas spécifique de la ferme.
Le rôle du spécialiste est donc de clarifier la situation à partir des informations collectées et en se basant sur ses connaissances techniques. Il est important d’expliquer en détails tout ce qui peut l’être au responsable de la ferme.

5- Faites l’autopsie le cas échéant

Dans la quête d’informations de plus en plus pertinentes pour vous aider à trouver la solution au problème posé, l’autopsie peut vous être très utile. Elle permet d’identifier des lésions sur un sujet mort pour compléter le diagnostic clinique. Vous serez amené à recourir à l’autopsie en présence de maladie ayant occasionné des mortalités ou une forte morbidité.

Essayez ces astuces et surtout écoutez votre instinct ; il a beaucoup de choses à vous enseigner.

Louis Agbokou.

(Crédit photo: Louis Agbokou)

Qualité sanitaire des œufs de table : Délais d’attente des produits vétérinaires

Plusieurs facteurs rentrent en compte pour assurer la qualité sanitaire des œufs de poules pondeuses. Il y a entre autres le dépôt ou la présence de résidus médicamenteux provenant des produits vétérinaires utilisés. En phase de ponte, la priorité doit être accordée aux produits ayant des délais d’attente nul. Quant aux produits prohibés en phase de ponte, il faut simplement ne pas les utiliser.

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En période de ponte, il est capital de respecter les délais d’attente des produits utilisés pour éviter le dépôt des résidus dans les œufs. Partons de ces exemples pour attirer l’attention des aviculteurs ayant des poules à l’étape de ponte sur cet aspect.

PRODUITS RECOMMANDÉS EN PÉRIODE DE PONTE

Ce sont des produits vétérinaires dont le délais d’attente est nul pour les œufs. Leur utilisation ne génère aucun résidu médicamenteux dans les œufs. Pour les identifier, il suffit juste de se référer à la durée du délais d’attente inscrite par le fabricant du produit.

Pour le cas du produit ci-dessous, le délais d’attente est de 0 jour pour les œufs. Cela signifie que lorsque ce produit est utilisé pour les pondeuses en phase de ponte, les œufs peuvent être consommés le même jour.

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Il en est de même pour les deux produits ci-dessous dont le délais d’attente est nul pour les œufs.

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PRODUITS À UTILISER EN CAS DE SITUATION D’INTERVENTION URGENTE

Lorsque l’aviculteur se trouve en face d’affection qui cause la mortalité de ses pondeuses, il pourrait être amené à utiliser certains produits dont le délais d’attente n’est pas nul pour les œufs afin de contrôler la situation. Cependant, il est important de respecter le délais d’attente conformément aux prescriptions du fabricant.

IMG_20190129_100514_987Pour le cas du produit ci-dessus, lorsqu’il est administré aux poules pondeuses en phase de ponte, il faut attendre 3 jours après son utilisation avant de consommer les œufs produits par les poules. Avant ce délais, le fabricant prévient que le produit laisserait des résidus médicamenteux dans les œufs.
Pour d’autres produits, ce délais peut même atteindre 21 jours. Aussi, faut il préciser qu’en présence de maladies, il y a une chute importante du taux de ponte, ce qui se rétablit progressivement lorsque l’état sanitaire des poules est rétablie.

PRODUITS PROHIBÉS POUR LES PONDEUSES

Certains produits sont interdits d’administration aux poules pondeuses d’œufs de consommation. Il faut simplement ne pas les utiliser pour les pondeuses en phase de ponte. On peut noter les inscriptions suivantes: « Ne pas administrer pour les poules pondeuses » ; « Prohibés pour les poules pondeuses » ou encore « Produit interdit pour les poules pondeuses » etc.

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Ces informations sont précisées par les fabricants des produits parce qu’elles sont capitales pour la bonne qualité sanitaire des œufs produits. Nous devons donc nous en conformer au cours de leur utilisation.

Louis Agbokou.

(Photo credit : Louis Agbokou)

Quel est le poids des œufs de poule pondeuse produits chez nous : Cas d’une ferme à Porto-Novo

Connaître avec précision le poids de l’œuf permet de quantifier à partir du nombre d’œufs pondus, le tonnage d’œufs produit au niveau communal, régional ou national.

pesées des oeufs 2Pour ce faire, j’ai effectué des pesées des œufs au niveau de 4 plateaux d’œufs ayant des calibres différents :

Plateau1: œufs non calibrés (mélange de gros, moyens et petits œufs)

Plateau2 : œufs gros

Plateau3 : œufs moyens

Palteau4 : œufs petits

Les pesées obtenues sont présentées dans les tableaux suivants : Lire la suite

Démarrage des poussins pontes en milieu tropical: Programme lumineux et vitesse de croissance

En aviculture moderne, plusieurs facteurs conditionnent une bonne vitesse de croissance des poussins pontes : l’alimentation, le suivi sanitaire, la densité et globalement les conditions d’élevage dont entre autres le programme lumineux. En milieu tropical, une variation de la lumière au cours du démarrage des poussins pontes est-elle nécessaire pour une bonne croissance de ces derniers pendant cette phase délicate de la conduite de l’élevage?

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Il a été prouvé qu’un programme lumineux efficace joue une rôle très important en élevage de poule pondeuse aussi bien dans des bâtiments ouverts que ceux fermés. Bien que dépendant de chaque race de pondeuse, l’importance Lire la suite