Quelles étaient les contraintes du secteur agricole il avait de cela 5 ans ? (6)

Publié par https://louisagbokou.wordpress.com

INFRASTRUCTURES ET EQUIPEMENTS DE BASE

En dépit des investissements consentis par les pouvoirs publics, les besoins des producteurs en infrastructures et équipements de base, notamment pour la mécanisation agricole, la maîtrise de l’eau, la conservation et la transformation des produits ne sont pas couverts. Comme le montre le tableau ci-après, les opérations de labour se font manuellement à 76% et avec la culture attelée à 23%. Seulement 1% des superficies emblavées (toutes spéculations confondues sur le plan national), est en culture motorisée.

Au niveau du transport rural, plus de 50% des produits agricoles sont transportés soit à pied, soit à bicyclette, soit à motocyclette, soit en pirogue. La transformation des produits à l’instar des cas précédents et à l’exception du coton, se réalise manuellement pour l’essentiel et n’est motorisée qu’à 10%.

D’une façon générale, le petit outillage traditionnel reste prépondérant, avec pour corollaire la grande pénibilité des travaux, les pertes matérielles de temps et d’énergie, et le manque de compétitivité de l’agriculture. Il s’en suit un exode rural de plus en plus prononcé chez les jeunes, ce qui a pour conséquence  le vieillissement progressif des actifs agricoles et l’amenuisement de la disponibilité en main d’œuvre agricole dont le coût devient prohibitif. Toutefois, l’impact réel de ce phénomène sur le secteur reste à mieux cerner.

Cinq années après la validation du PSRSA, ces contraintes se sont-elles amenuisées ?

PSRSA, quelles étaient les contraintes du secteur agricole il avait de cela 5 ans ?

Les actions programmées dans le plan stratégique de relance du secteur agricole sont inspirées du diagnostic effectué en ce moment au niveau du secteur agricole. Revenons sur la situation initiale ayant conduit à l’élaboration du PSRSA.

PRODUCTIONS VEGETALES : Les cultures de rente

LE COTON

La principale culture de rente est le coton qui a atteint une production record de 427.000 tonnes durant la campagne 2004/2005, avant de retomber à 191.000 tonnes en 2005-2006. Les divers appuis du Gouvernement en faveur de la relance de la filière, ont permis d’amorcer une remontée de la production à 240 000 tonnes en 2006-2007 et 268 535 tonnes en 2007-2008 pour chuter à 242 475 tonnes en 2008-2009. Les niveaux actuels de production restent largement en-deçà de la capacité d’égrenage totale des usines installées sur le plan national estimée à 600 000 tonnes. L’avenir du coton reste très préoccupant au regard de nombreux dysfonctionnements qui minent sa compétitivité notamment :

  • une organisation institutionnelle inefficace, un cadre réglementaire ambigu et inopérant,
  • l’insuffisance d’organisation et de synergie des familles professionnelles ;
  • une très faible transformation industrielle des produits du coton,
  • un déséquilibre financier chronique des structures publiques qui obère le budget de l’Etat.

De plus ces dysfonctionnements sont exacerbés par la dégradation de l’environnement et les fluctuations des cours mondiaux, avec des incidences fâcheuses sur les revenus ruraux et sur l’économie du pays. Les nouvelles réformes engagées par le Gouvernement dans la filière coton tablent sur un partenariat public/privé fort, avec la cession de l’outil industriel de la SONAPRA, la création de la SODECO et la clarification des rôles de chaque intervenant.

L’ANANAS

Les cultures d’ananas et de noix de cajou avec respectivement environ 140.000 tonnes et plus de 40.000 tonnes au cours de la campagne agricole 2007-2008, connaissent une certaine émergence aux côtés du coton. Diverses actions ont été orientées vers l’appui à l’organisation et au renforcement des capacités des acteurs, notamment pour la recherche des sources d’approvisionnement des intrants spécifiques et l’organisation des marchés autogérés. Les tables-filières et structures faîtières mises en place n’ont pas encore atteint leur dynamisme optimal et efficient.

LE PALMIER A HUILE

Le palmier à huile est passé de 130.000 tonnes d’huile en 1994 à environ 310 000 tonnes en 2007. L’installation d’un grand nombre de pépiniéristes privés agréés et l’appui à l’extension des superficies de plantations privées de palmiers à huile améliorés ont contribué à cet essor. Toutefois, les niveaux de production actuels sont largement insuffisants pour satisfaire un marché national et régional très demandeur. Par ailleurs, les palmeraies sous gestion des Coopératives d’Aménagement Rural et de leurs Unions, connaissent de nombreux dysfonctionnements liés au problème de gouvernance.

Cinq années après la validation du PSRSA, ces contraintes se sont-elles amenuisées ?

Le plan stratégique de relance du secteur agricole (PSRSA) du Bénin: La vision

Il est d’une importance capitale de s’arrêter à un moment donné et de procéder à l’évaluation de ce qu’on fait. Je soumets à notre réflexion la vision du Plan Stratégique de Relance du Secteur Agricole (PSRSA) du Bénin. Elle est formulée de la façon suivante :

La problématique de développement du secteur agricole met en relief trois défis majeurs portant sur (i) la couverture des besoins alimentaires, (ii) l’accroissement des revenus, et (iii) l’amélioration de l’attractivité de l’activité agricole et du milieu rural. Ces trois défis confèrent au secteur agricole le double rôle d’accélération de la croissance économique et de la contribution à la réduction de la pauvreté, d’où la vision : « Faire du Bénin, une puissance agricole dynamique à l’horizon 2015, compétitive, attractive, respectueuse de l’environnement, créatrice de richesse répondant aux besoins de développement économique et social de la population » (PSRSA, 2010).

L’évaluation que je propose ici est une auto-évaluation de chaque acteur du monde rural du Bénin. Regardons-nous dans le miroir, et de façon individuelle faisons notre propre évaluation…

La chance ou la malchance n’a rien à voir avec l’élevage

Les productions animales sont une spécialité. La réussite d’une exploitation d’élevage dépend en grande partie de la qualité de la ressource humaine qui intervient dans cette exploitation. C’est réel que chaque ferme est unique et que les expériences d’une ferme ne sont transposables sur une autre. Cependant les fermes qui ont prospéré ont tenu compte entre autres des trois facteurs suivants que je suggère à toute personne désireuse d’investir dans l’agriculture :

  • Entourez-vous des spécialistes compétents et expérimentés depuis l’idée de mise en place de votre ferme

Il y a des erreurs récurrentes qui se font lors de l’installation et de la conduite des fermes d’élevage. J’attire l’attention car ces erreurs induisent des dépenses inutiles. Un spécialiste vous aidera de les éviter et de faire mieux rentabiliser votre activité. J’ai vu des promoteurs perdent énormément d’argent en n’associant pas des spécialistes compétents. J’ai vu des poulaillers mal construits qui provoquent des mortalités répétitives et « inexpliquées ». J’ai vu des poules pondeuses « entassées » dans un environnement mal aéré, des lapins élevés dans des cages inappropriées… ce sont des erreurs banales mais qui vous sèchent le portefeuille. Je ne m’adresse pas à ceux qui ont juste un animal dans une cage perdue dans la concession, à mon avis ce n’est pas des éleveurs ceux-là, je parle à ceux qui veulent investir dans l’élevage et faire de l’élevage une activité économique.

  • Payez le prix de la réussite

Dans toute activité, il y a toujours un prix à payer. Je ne peux pas vous dire que dans votre exploitation, il n’aura jamais d’animaux morts. Il faut s’entourer mais cela ne veut pas dire qu’il n’y aura jamais de problèmes. La présence du spécialiste vous permet de prévenir les problèmes et/ou d’amoindrir leurs effets. J’encadre actuellement une exploitation de lapins et de poulets locaux où j’ai eu les cas des maladies respiratoires au niveau des poulets locaux, il y a eu de morts mais j’ai pu maîtriser la situation (ceci fera l’objet d’un prochain article). Il y a toujours un prix à payer.

  • Persévérez

Enfin persévérez. Je pense pour ma part que rien de durable ne peut se faire sans la persévérance dans l’effort, et non dans les erreurs. Une fois vous vous entourez des spécialiste, vous devez vous informer constamment, aller visiter des fermes qui font déjà ce que vous envisager de faire.

Certaines personnes pensent que l’élevage est une question de chance ou de malchance. Certains disent « moi je n’ai pas la chance d’élever les porcs, mais les lapins c’est pas mal ». Non ! Ce n’est pas une question de chance ni de malchance, c’est une question de savoir faire…