Cuniculture : 7 conseils précieux sur l’alimentation du lapin

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La maîtrise de l’alimentation est très importante pour la réussite de l’élevage de lapins. Je ne veux pas parler des concepts d’école, le lapin est un mammifère lagomorphe, le lapin est un pseudo ruminant, le lapin fabrique des coecotrophes, etc… Je parle de choses pratiques utiles pour un éleveur de lapins. Quelques informations sont nécessaires aux éleveurs pour la bonne maîtrise de l’alimentation du lapin.

1. Le lapin d’élevage n’est pas un herbivore

Je précise bien lapin d’élevage, je ne parle pas des lapins de compagnie. L’éleveur exige du lapin d’élevage une bonne performance. Il faut donc fournir aux lapins une alimentation permettant de couvrir ses besoins en protéine, énergie, cellulose, vitamines et minéraux. L’apport d’herbe ne permet pas de couvrir efficacement ces besoins.

2. La cellulose est très importante dans l’alimentation du lapin

La cellulose est un composant végétal qui constitue les parois des cellules végétales. La réussite de l’alimentation du lapin est largement tributaire de la cellulose du fait des spécificités de son tractus digestif. C’est ce qui justifie l’apport de fourrage pour les rations dans lesquelles le fourrage n’est pas incorporé en particulier les provendes sous forme farineuse. Au cours de la formulation de la provende, un taux d’incorporation de 12 à 14 % de cellulose brute est acceptable. Les branches de palmier (Elaeis guineensis) constituent d’excellent apport de cellulose pour les lapins. Veillez à ne pas en exagérer chez les lapereaux de 3 à 5 semaines d’âge. Une consommation importante de ce fourrage au niveau de ces lapereaux entraine des mortalités causée par la parésie caecale.

3. Le lapin valorise mieux une provende sous forme granulée

Tous les travaux de recherche dans ce sens ont prouvé que les lapins présentent de meilleures performances lorsqu’ils sont nourris avec une provende sous forme granulée comparée à une provende sous forme farineuse. Une provende sous forme granulée limite le gaspillage de l’aliment, évite les troubles respiratoires, permet de maintenir un niveau hygiénique nécessaire pour la bonne performance des lapins d’élevage. Il existe sur le marché des provendes granulé, mais si vous désirez fabriquer votre propre provende et le rendre sous forme granulée, il existe également un dispositif pour le faire

4. L’aliment granulé complet ne nécessite pas l’apport de fourrage

Dans l’aliment granulé complet, le fourrage est déjà incorporé. C’est pourquoi on l’appelle aliment complet. Il n’est plus nécessaire d’ajouter du fourrage si vous distribuez un aliment granulé complet qui en principe doit satisfaire toutes les recommandations nutritionnelles du lapin.

5. Vous devez distribuer l’aliment à la même heure de la journée

En raison des spécificités digestives, il est conseillé de distribuer l’aliment à la même heure de la journée. Ceux qui sont dans l’activité savent de quoi je parle. Distribuer l’aliment à la même heure de la journée permet de maintenir l’harmonie dans l’élevage. Et cette harmonie contribue significativement à l’atteinte de vos objectifs de production.

6. La qualité de l’eau d’abreuvement est un facteur non négligeable

Pour beaucoup de professionnels, pas besoin de revenir sur certaines notions élémentaires. Mais du fait que je m’adresse à un public constitué de professionnels et de profanes, il convient de préciser que la bonne qualité de l’eau est très importante pour la réussite de l’alimentation. Car l’eau peut contenir des germes pathogènes, sources de maladie pour les lapins. Pour en savoir plus sur la qualité de l’eau veuillez visiter ce site.

7. L’eau d’abreuvement doit être disponible en permanence

Si nous pouvons permettre que les mangeoires puissent à des moments donnés manquer de provende, ce n’est pas le cas pour les abreuvoirs. Les abreuvoirs ne doivent pas se vider, il doit y avoir de l’eau en permanence. Avec le système d’abreuvement automatique, l’eau reste disponible en permanence. Mais si vous n’avez pas installé le système d’abreuvement automatique, veillez à rendre l’eau disponible en permanence.

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LA MALADIE A VIRUS HEMORRAGIQUE DU LAPIN SEVIT AU BENIN

Publié par http://suivifermesdelevages.wordpress.com

J’avais lu dans les ouvrages spécialisés les informations sur la maladie hémorragique virale du lapin encore connue sous le nom de Viral Haemorrhagic Disease (VHD) comme étant une maladie foudroyante des lapins. La littérature m’a Un lapin mort de la VHDrenseigné qu’elle avait même fait ravage au Bénin en 1997. Il y a de cela environ deux semaines, j’avais appris que la maladie serait entrain de faire ravage au nord du Bénin. J’étais pris de frayeur, la première question que je posais était « Existe-il déjà un foyer au sud ? ». On m’informait qu’il n’existe pas encore un foyer au sud et qu’il ne s’agissait que de suspicion.

Malheureusement, je me rends compte qu’il s’agissait en réalité d’un manque d’information. La maladie sévit bel et bien au Sud. Un élevage de 1000 lapines mères totalement décimé, un autre de 50 lapines mères également décimé. Je ne cite plus les petits élevages de 10 ; 20 ; ou 30 lapines mères dont les cheptels sont exterminés durant 7 à 12 jours. L’étude épidémiologique des lapins au Bénin ne présente depuis au moins 2005 aucune maladie virale rencontrée dans les élevages. Les symptômes et les lésions recueillis sur le terrain révèlent en réalité les manifestations de la VHD. Plusieurs éleveurs des départements de l’Ouémé et du Plateau en sont victimes. A cette allure tout le cheptel lapin au Bénin risque d’être décimé.

Mon objectif en rédigeant cet article est de vous apporter l’information. Je ne vous parlerai pas de suspicion car je ne sais pas durant combien de temps nous allons vous parler de suspicion et combien d’élevage en seront ravagés. C’est démoralisant de voir ses lapins bien portant d’une minute à l’autre s’écrouler et mourir devant soi. C’est quelque chose qui ne peut vraiment pas se décrire. Je ne vous souhaite pas de vivre cela.

Je vous présente les symptômes et lésions de la maladie dans un prochain article.

Que faire maintenant ?

Je vous suggère ce que vous devez faire tout de suite :Des lapins morts de la VHD mis dans une brouette

  • Renforcer les mesures de biosécurité au sein et autour de votre exploitation : éviter toute visite, désinfection systématique de tout le matériel provenant de milieu extérieur à la ferme, pédiluve, rotoluve ….
  • Déstocker votre engraissement ;
  • Réduire l’effectif des lapines en reproduction ;
  • Pour ceux qui veulent investir dans l’élevage de lapin, je vous suggère soit de démarrer avec un effectif assez réduit (si vous voudrez prendre le risque), soit de ne pas le faire du tout en ces moments-ci.

Je dois préciser qu’il existe un vaccin pour éviter la maladie. Malheureusement ce vaccin n’existe pas encore sur le marché béninois…

Depuis 10 ans que je fais ce métier de suivi des fermes d’élevage, je n’ai jamais rencontré une maladie de lapin qui m’a aussi challengé que la VHD. J’ai vu un élevage de plus de 350 lapins littéralement décimé en 12 jours. Le résultat d’un travail minutieux de 8 mois qui s’effondre comme ça en 12 jours. Je ne vous souhaite pas cela !