Bénin : Top 8 des pratiques qui favorisent la dissémination des germes pathogènes dans les élevages

BiosecuritéUn certain nombre de pratiques d’élevage jouent sérieusement contre le développement de l’élevage au Bénin et dans bien d’autres pays en Afrique.
1- L’élevage en divagation
Ce type d’élevage constitue un danger aussi bien pour celui qui le pratique que le reste des éleveurs de sa localité. Les animaux en divagation sont d’excellents distributeurs de maladies (vecteurs actifs). Même dans certains cas comme dans l’article précédent, ces animaux peuvent s’insérer dans les élevages et contaminer les vôtres. Aussi longtemps que l’élevage en divagation se pratique il sera assez difficile de lutter convenablement contre les épizooties.
2- Le mode de transport des animaux
Transporter les animaux chez nous se fait sans le moindre respect de la réglementation en vigueur. Les bovins, les porcs, les ovins, les caprins sont transportés sur moto. En ce qui concerne les volailles, elles sont également transportées dans des conditions tout à fait déplorables. En général lors des transports, les animaux sont exposés au courant d’air et de ce fait disséminent dans la nature tout germe dont ils seraient porteurs. C’est le cas sur la photo où les poulets sont attachés sur moto certainement vers la route du marché. Etant donné que l’air est un vecteur passif, il peut servir de canal de transmission des pathologies aux animaux ou exploitations d’élevage environnements.
3- L’approvisionnement en intrants (aliments et produits véto)
L’approvisionnement des intrants en particulier les provendes ou les matières premières se réaliste de façon globale, dans une ignorance quasi-totale des mesure de biosécurité de telle sorte que les points de ventes de matières premières constituent un lieu d’échange des germes pathogènes. Beaucoup d’éleveurs infectent leur exploitation à partir des germes collectés sur les lieux de vente de matières premières pour la fabrication de la provende. Par exemple, les éleveurs de porcs s’attroupent généralement autour d’un grand tas de drêche de brasserie déversée au bord des voies pour l’alimentation des porcs comme le montre la photo de l’article. Cette photo est prise à Porto-Novo devant le centre horticole. Vous pouvez voir les sacs de drêche de part et d’autres, les motos et même les éleveurs qui attachent leurs sacs derrières leur moto. Chacun vient sur le lieu de vente avec son sac et, avec la même bassine qui sert de mesure, chacun est servi. Tout s’organise autour d’un partage harmonieux de germes pathogènes. Ces pratiques sont à éviter. La biosécurité doit se mettre aussi en œuvre sur les lieux de rassemblement des éleveurs comme les lieux de ventes d’intrants d’élevage.
4- L’emprunt de mâles reproducteurs
C’est une pratique a commencé par diminuer ces derniers temps mais que certains éleveurs continuent d’y recourir. Les élevages les plus concernés sont les bovins, les porcs et les petits ruminants. Les mâles reproducteurs de même que les femelles s’infectent et s’infestent mutuellement. L’autre conséquence de cette pratique c’est le fort taux de consanguinité dans les élevages. Il avait été mis en œuvre un projet dans la région de l’Ouémé-Plateau dans les années 2009, dont une activité consistait à transférer des groupes de reproducteurs d’aulacode. Chaque aulacodicuteur recevait un groupe d’aulacodes reproducteurs composé d’un mâle et de 4 femelles. Une fois son cheptel grandit, il remboursait le groupe de reproducteurs qui était donc placé auprès d’un autre aulacodiculteur. Vous savez les résultats obtenus ?
Après un effet fugace d’amélioration des effectifs des aulacodes, les cheptels ont commencé par diminuer progressivement du fait de la consanguinité : ce sont les mêmes parents (génétique) qui constituaient les géniteurs d’un élevage à l’autre. Ces mauvaises performances ont conduit à l’abandon de l’activité par un bon nombre d’acteurs de la région.
L’emprunt de mâles reproducteurs est une pratique dont j’ai l’ardent désir de constater sa disparition totale au Bénin et en Afrique.
5- L’absence de pédiluve
La plupart des éleveurs du Bénin négligent l’importance du pédiluve. Le pédiluve est un dispositif contenant un de l’eau plus un désinfectant et qui peut et dans lequel toute personne est censée passer avant d’entrer et de sortir d’une exploitation d’élevage. Il en existe également pour la main et pour les roues des véhicules. C’est un dispositif banal à réaliser mais pour lequel la plupart des éleveurs n’accordent pas grande importance. Certains en dispose mais ne l’utilise pas, d’autres n’en ont même pas. Et pourtant, il s’agit d’un dispositif important pour limiter la dissémination des germes pathogènes d’un élevage à un autre. Notez que l’utilisation du pédiluve est obligatoire.
6- Le nom respect de la mise en quarantaine
La plupart des éleveurs ne savent pas qu’il faut isoler pendant un certain nombre de temps un nouvel animal à introduire dans le cheptel. La recommandation fixe la période d’isolement à 40 jours d’où son appellation quarantaine. Mais sur le terrain nous l’adaptons souvent à 21 jours (la durée d’incubation de la plupart des pathologies courantes n’excède pas 21 jours). Les animaux achetés ou ceux transférés d’un autre élevage sont directement introduits dans les élevages, ce qui favorise la propagation des maladies d’un élevage à l’autre.
7- La vente des animaux ou produits d’élevage au sein des élevages
Les ventes d’animaux ou produits d’élevage comme les œufs, le lait, les fientes, etc se font au niveau de certains éleveurs sur les fermes. Dans le cas de la vente des œufs des pondeuses, certains aviculteurs permettent l’accès à leur ferme aux revendeurs. Ces revendeurs ont l’habitude de parcourir plusieurs fermes afin de trouver assez de plateau d’œufs à acheter. Cette pratique est beaucoup plus remarquée chez les revendeurs ou les clients qui veulent acheter le porc, du bétail etc. Ces derniers veulent choisir eux-mêmes l’animal à acheter et de ce fait, rentrent dans les exploitations d’élevage pour effectuer leur choix. Avec l’absence du pédiluve et des autres mesures de biosécurité, ces revendeurs disséminent d’un élevage à l’autre les agents pathogènes sources des principales maladies.

8- Les visites dans les élevages
J’ai coutume de dire qu’une exploitation d’élevage n’est pas un site touristique. Mais vous savez chez nous, on veut toujours montrer aux parents et amis notre exploitation d’élevage, nos animaux, combien ils sont beaux, propres, ou je ne sais plus. Ces visiteurs viennent chacun avec son paquet de microbes ou de germes pathogènes dont certains peuvent se révéler dangereux pour la santé du cheptel. Les visites des exploitations d’élevage sont à proscrire. Il peut être prévu un couloir à l’extérieur des bâtiments d’élevage pour permettre les visites d’autorités administratives ou politiques mais l’accès direct aux animaux ou matériels d’élevage est strictement interdit.

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