Bénin : Le gari, notre chlorure de soutien

Je ne sais pas si vous connaissez le gari. Au Bénin, le gari est à la portée de tout le monde. Il fait partie des denrées alimentaires les plus accessibles à toute la population, à toutes les couches sociales. Je peux le décrire comme la farine de manioc pressé puis grillé de façon traditionnelle. Je me rappelle lorsque nous étions sur le campus, on achetait un sac de 50kg de gari qu’on partageait entre amis. C’était notre « chlorure de soutien » (Rires) et ça l’est pour beaucoup de béninois.

La hausse vertigineuse du prix du kilo de gari devient de plus en plus inquiétante. Je me pose donc la question de savoir Quelle est maintenant  la denrée alimentaire qui remplace le gari?

Que reste-t-il donc à ceux qui ont un faible pouvoir d’achat ?

Les personnes ayant un faible pouvoir financier subissent le plus, l’échec des politiques agricoles des pays en développement. Le principal objectif de notre agriculture doit être à mon sens de nourrir sa population. Si le gari devient de plus en plus cher, c’est entre autres parce que la production du manioc a failli. Je pense que même un profane du secteur agricole peut facilement s’en apercevoir. Une bonne production du manioc ne peut pas en réalité, occasionner la situation actuelle que nous vivons au Bénin. Je n’ai rien contre les produits d’exportation, mais j’estime que l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire doit passer par la priorité aux produits de consommation locale. Je ne suis d’ailleurs pas la seule personne à mener une telle réflexion, la députée verte allemande Maria Heubuch est l’auteur d’un rapport à ce sujet, également adopté lors de la dernière session plénière du 7 juin 2016 au Parlement Européen. Dans ce rapport il est clairement expliqué que : « Trop de terres en Afrique sont utilisées pour produire des cultures commerciales destinées à l’exportation plutôt qu’à la consommation locale. Cela rend les pays africains très dépendants à la nourriture importée, et vulnérables aux changements de prix sur le marché mondial ».

Que faire maintenant…. ?

Il est crucial à mon avis de réorienter nos politiques agricoles et d’investir en priorité dans les produits agricoles de consommation locale. La filière manioc en est un exemple. Les denrées alimentaires issues de la transformation du manioc sont assez importantes à tel point qu’il faut repenser tous les maillons de la chaine de valeur de cette filière. C’est une question d’intérêt national, de souveraineté et de sécurité alimentaires. Faire du Bénin, une puissance agricole doit d’abord passer par l’autosuffisance alimentaire de sa population.

Pour finir, le rapport sur Comment nourrir le monde en 2050 conclut que « La planète a les ressources et la technologie pour éradiquer la faim. Il faut mobiliser la volonté politique et créer les institutions nécessaires pour assurer que les décisions clés relatives aux niveaux d’investissements et de dotations et aux politiques de sécurité agricole et alimentaires soient prises en gardant présent à l’esprit l’objectif d’éradication de la faim. L’analyse d’experts présentée ici brosse un tableau prudemment optimiste de l’avenir de la sécurité alimentaire dans le monde »

Ce tableau présenté par les experts, me donne la conviction que la volonté politique des gouvernants africains, associée à l’appel de la députée verte allemande Maria Heubuch peut durablement sortir l’Afrique et le reste des pays en développement de la faim.

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